Combattons le G7 et le capitalisme!

Le G7 se réunira à La Malbaie ce juin. Unissant les dirigeants de sept nations capitalistes parmi les plus puissantes au monde, le G7 prendra des décisions qui vont avoir un impact direct sur des milliards de pauvres personnes tout autour du globe. Dix ans après l’effondrement économique de 2008, le point le plus important à l’ordre du jour sera la croissance économique, autrement dit, comment sauver le système capitaliste qui a été incapable de faire mieux que des taux de croissance anémiques. Quoi qu’il arrive au G7, ce seront les travailleurs-euses et les plus opprimé-es de la société qui payeront les frais des décisions du G7. Notre résistance au G7 est une première étape dans notre combat contre l’exploitation du système capitaliste!


Trump, Macron, Merkel : vous n’êtes pas les bienvenus!

Trudeau accueillera à bras ouvert pour la première fois au pays le raciste et misogyne Donald Trump, qui excelle dans l’art d’exacerber les conflits dans le monde. Trump a sanctionné ouvertement l’oppression des Palestinien-es, en reconnaissant officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël. Il a menacé d’annihiler la Corée du Nord avec « le feu et la fureur ». Le mégalomane Trump est aussi devenu réputé pour ses déclarations xénophobes et ses politiques réactionnaires.

Mais le « modéré » Macron est-il mieux? Après avoir gagné ses élections présidentielles en mai dernier, ce banquier offre en cadeau des allégements fiscaux de milliards d’euro à ses amis les plus riches de France, tout en écrasant les travailleurs-euses avec sa loi Travail réactionnaire : baisse programmée des retraites, coupes dans le budget de la Sécurité Sociale, contre-réforme de l’assurance chômage, etc.

La chancelière allemande Angela Merkel est reconnue pour son rôle dans l’écrasement des travailleurs-euses de la Grèce, les ayant forcés à avaler une austérité sans mesure. Merkel a bien rempli son rôle : sauver les profits des banques allemandes qui possédaient en grande partie la dette nationale grecque. Merkel est également celle qui a violemment réprimé les manifestations pendant le G20 à Hambourg en juillet dernier.

Et maintenant c’est notre premier ministre, le « féministe » Justin Trudeau, qui accueillera ces gens, et il le fait de manière totalement cynique, tentant de donner une façade « progressiste » à cette réunion de politiciens capitalistes. Il affirmait l’an passé au sujet du G7 que l’égalité des genres « sera au sommet de l'ordre du jour l'an prochain. » Mais comment le prendre au mot, alors qu’il a vendu pour 15 milliards de dollars en armes à l’Arabie Saoudite, ce régime théocratique réactionnaire qui opprime brutalement les femmes, ainsi que les minorités sexuelles et religieuses? Très « progressiste » en effet!

Après les violents affrontements lors du G20 à Toronto en 2010, les politiciens capitalistes ont décidé que cette année, leurs discussions auraient lieu loin des grands centres. Et Trudeau est plus que diligent dans son rôle d’assurer leur protection. Reclus dans le luxueux Manoir Richelieu, ils seront protégés par une énorme clôture, par plus de 5000 policiers de la GRC et par les Forces armées canadiennes; les coûts de la sécurité pourraient atteindre jusqu’à 300 millions de dollars. Qui payera pour ces frais exorbitants? Les travailleurs-euses, bien évidemment.


Le véritable programme du G7

Le représentant personnel du premier ministre Justin Trudeau, Peter Boehm, explique que le G7 se concentrera sur les enjeux de « la croissance économique, l’inclusion économique, les changements climatiques, les postes du futur avec l’impact de l’intelligence artificielle ». Trudeau a même l’audace de promettre un « programme progressiste » pour la présidence canadienne du G7! Rappelons que ceux qui participeront au G7 sont les mêmes puissances qui, depuis la crise de 2008, ont mené la charge avec des mesures d'austérité et des attaques sur les travailleurs-euses, tandis qu'elles sauvaient les grandes banques à coup de centaines de milliards de dollars. Comment parler « d’inclusion économique », dans un système où le 1 % trouve toujours de nouveaux moyens de cacher son argent dans des paradis fiscaux, et où les capitalistes des différents pays préfèrent s’asseoir sur des milliards de dollars pendant que l’austérité s’abat sur les travailleurs-euses?

Si les dirigeants du G7 pensent trouver la solution pour relancer la croissance économique, ils se mettent le doigt dans l’œil. L’OCDE prévoit une croissance léthargique de 3 % par année à l’échelle planétaire jusqu’en 2060! La raison est simple : le capitalisme mondial est en crise prolongée. Cela fait près de dix ans qu’est survenue la grande crise économique mondiale de 2008, et rien n’a été réglé. Les taux de chômage en Europe sont encore à des niveaux historiquement très élevés : 9,7% en France, 16,4% en Espagne, 20-23% en Grèce. En plus, les dettes publiques et privées ont atteint des niveaux astronomiques, atteignant un total à l’échelle mondiale de 233 000 milliards de dollars! Cette somme colossale pèse comme un poids mort sur l’économie entière, et exerce une pression à la baisse sur l’investissement et la consommation.

Peu importe ce qui sera décidé formellement au G7, les sept grandes puissances ne peuvent échapper à la conclusion que leur système s’en va vers une nouvelle crise.


Combattons le G7 et le capitalisme!

Le 8-9 juin, nous devons nous mobiliser pour envoyer un message clair : nous ne voulons pas de vous et de votre système pourri! C’est une lutte qui concerne toutes les couches exploitées et opprimées de la société, il faut donc que tous les groupes se mobilisent contre le G7. Les syndicats ouvriers et étudiants ont un rôle majeur à jouer dans cette mobilisation. Ils ont les membres, les traditions et les ressources pour défier les leaders mondiaux réactionnaires et leurs politiques.

Le G7 n’est que le représentant d’un système capitaliste mondial pourri jusqu’à l’os. Oui, nous devons affronter les problèmes économiques et sociaux; et dans cette lutte, le G7 et le système capitaliste qu’il défend sont des obstacles immédiats. Aucun des enjeux « progressistes » dont Trudeau souhaite discuter ne peut être réglé au G7. Aucun de ces enjeux ne peut véritablement être résolu sous le capitalisme. Notre mobilisation ne doit pas s’arrêter à la résistance au G7 : il faut organiser la lutte contre le système capitaliste tout entier.

Résistons au G7!
Combattons le capitalisme!


Cet article a été soumis par La Riposte socialiste, c'est une version courte du texte disponible ici.