Le G7 et le climat: Une tempête à l'horizon

La réponse internationale au réchauffement climatique se fait par le biais de la COP, la Conference of Parties, qui fixe, année après année, des objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Cette approche est fortement teintée par les pays du G7.


LES PROBLÈMES DE L’APPROCHE DU COP

La réduction des émissions de CO2 se base sur les émissions des différents pays en 1990. Or, pendant les années 1990s, la production industrielle des pays du G7 était à son paroxysme. Avec, entre autres, des accords tels l’ALENA et la «libéralisation» des pays est-européens, une énorme proportion de la production industrielle est passée des pays du G7, vers des pays plus démunis, ce qui a permis une importante réduction des émissions de CO2 par personne. Par exemple, les États-Unis sont passés d’une émission annuelle de 19 à 16 tonnes par personne, malgré le passage au pouvoir de nombreux présidents qui ne croyaient même pas au réchauffement climatique. Des sept pays, seul le Canada reste stable et le Japon présente une légère augmentation entre 1990 et 2014.

Le Canada que les États- Unis aient pu continué d’augmenter drastiquement leur consommation d’énergie et à mettre en place de projet polluant comme l’extraction des sables bitumineux ou la fracturation hydraulique, sans affecter la production de CO2. Alors que plusieurs de nos usines sont passées du côté mexicain ou vers l’Asie, la responsabilité par rapport au changement climatique a suivi: ce sont les pays du sud qui doivent désormais assurer de rendre l’industrie moins polluante afin de correspondre aux attentes internationales. Ainsi, les accords tels que Kyoto consistent en fait à transférer la responsabilité sur les pays du Sud global.

Toutefois, même avant les années 1990, la plupart des biens étaient produits dans ce Sud et consommés dans les pays du Nord. C’est pourquoi des critiques Indien-ne-s ont dénoncé ce processus comme un colonialisme environnemental: on met la responsabilité de la destruction de la planète sur ceux et celles qui sont en premier lieu exploité-e-s pour produire la richesse. Pourquoi ne pas tenir compte de toutes les émanations de gaz à effet de serre produites afin de déterminer qui a pollué son quota et devrait cesser? Ou compter le CO2 à partir de là où il est consommé plutôt que de là où il est produit? Le G7 ne veut pas cesser immédiatement toute production de CO2, et c’est pourquoi il tente de faire taire ces questions.


ET TRUMP DANS TOUT CA?

Il essaie d’obtenir plus possible, car depuis 2012, la production de pétrole américaine a augmenté de 50%. Avec la volonté de Trump de retourner au charbon et de rapatrier une partie de la production industrielle au pays, on voit facilement pourquoi il essaie de mettre de la pression sur les autres états afin de se dégager des engagements des ententes internationales sur le climat.

Toutefois, les conférences internationales sur le climat n’ont aucun moyen d’action autre que la bonne foi de leurs participantes et participants. Par contre, le retrait total d’un pays ayant une part énorme de la production de CO2 constitue un symbole majeur, et c’est là où réside le rapport de force de Trump. Comme avec le mur à la frontière du Mexique, il veut que les pays du Sud soient exclus de notre mode de vie et qu’ils en paient le prix pour nous. Les compromis présentés plus haut étaient déjà bien assez désastreux pour la planète, nous menant à des changements climatiques encore plus problématiques, ou pire, à une logique du chacun pour soi comme stratégie globale.