UNE VITRINE INCROYABLE

Ensemble dans les rues de Québec !

Selon un député fédéral, le sommet du G7 offre « une vitrine incroyable pour la ville de Québec […]. Ça va mettre la grande région de Québec à l’attention du monde entier. »

Mais cette « vitrine incroyable » peut voler en éclats, comme à Seattle et lors de tant d’autres grandes messes de l’élite mondiale. C’est d’ailleurs peut-être la première raison de redescendre dans les rues et de protester contre le sommet du G7, à Québec : rien de plus facile que de voler la vedette à l’élite mondiale, avec nos manifestations dont les grands médias sont si avides.

Mais pourquoi Québec, plutôt que La Malbaie ? Pour ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu dans un petit parking transformé pour l’occasion en « zone de libre expression », dans un village occupé par des centaines de policiers. À Québec, plusieurs lieux ou événements ont des liens directs avec le G7. Et nous aurons l’espace et le temps pour manœuvrer avec nos complices d’autres groupes et organisations qui ont aussi prévu des mobilisations.

Nous nous retrouverons donc à Québec, tout en espérant que nos camarades de La Malbaie se mobilisent, y compris parmi celles et ceux qui travailleront au Manoir. Nous espérons aussi que des gnomes des forêts, des femmes chauves-souris et des hommes grenouilles arriveront par les bois, le ciel ou le fleuve, pour perturber directement le G7, pendant que nous nous amuserons à Québec !

S’il y a bien des raisons de déprimer, il y a en plus encore de se révolter !

« Encore un contre-sommet ?!? », pourrait-on dire. Presque 20 ans après la célèbre Bataille de Seattle (novembre 1999) et du Sommet des Amériques (avril 2001), il faudrait à nouveau sortir nos bannières, nos lunettes de plongée et nos foulards pour protester contre le G7 ?

Ne nous le cachons pas, plusieurs ont abandonné la lutte. Valérie Plante, par exemple, marchait dans les rues contre le Sommet des Amériques, dans un groupe d’affinité anticapitaliste. Aujourd’hui mairesse de Montréal, elle prétend ne pas avoir les moyens d’offrir un minimum de 15$ de l’heure à ses employé-e-s et ses sous-traitant-e-s. Elle s’est si bien moulée à son nouveau trône qu’une agence de notation financière l’a félicitée pour son budget et a maintenu la cote de crédit de la ville à une note supérieure. Pareille trahison nous rend nostalgique de l’époque pas si lointaine où les tartes à la crème volaient aux visages des personnalités politiques québécoises…

Parions que Valérie ne descendra pas dans les rues à Québec avec nous pour protester contre le G7. Quand elle visite Québec, c’est pour y serrer la main de son nouvel ami Régis, le roitelet de la capitale nationale, qui a promis que son service de police « maintienne l’ordre, mais qu’il protège surtout nos citoyens et nos commerçants ».

L’élite politique est donc au service du capitalisme et des « commerçants », que ce soit au niveau municipal, étatique ou mondial. Et le G7 représente l’élite de l’élite politique.

Nous prendrons donc (encore !) les rues puisque ce système immonde tient encore debout en nous exploitant, en nous extorquant, en nous dépossédant, en nous violentant. Nous prendrons les rues pour faire savoir que nous sommes contre cette gouvernance mondiale gérée par 7 personnes qui ne veulent que leur propre bien, celui de leur parti et de leurs amis ; 7 personnes qui se rassemblent dans un vieux Manoir, comme des vampires qui vivent du sang des peuples qu’elles et ils exploitent et massacrent.

Nous prendrons les rues pour montrer au monde — par cette « vitrine incroyable » — qui se préoccupe réellement des inégalités entre les classes et les sexes, du sort de la planète et de la vie, de la coopération et de la paix, du commun. Qui s’inquiète réellement pour le futur, le nôtre, celui des enfants et de tout ce qui est vivant sur cette Terre. Qui sait faire rimer révolte et solidarité !

Nous prenons les rues parce que nous ne pouvons rester apathiques alors que le G7 vient encore une fois festoyer sur des terres volées à côté de chez nous, en se servant dans notre garde-manger.

Comme les camarades le soulignaient déjà en 1999 à Seattle : Tout le monde nous regarde ! Et comme les camarades en Grèce l’affirmaient lors des émeutes contre l’austérité : Nous sommes une image du futur !