Se mobiliser contre les élites mondiales

Les contre-sommets symbolisent depuis près de deux décennies la lutte contre les élites mondiales, et ce au sein des divers mouvements sociaux. L'anti-capitalisme prend de l'ampleur entre les sommets, et où que l'on regarde, ça s'organise. Que nous nous opposions au passage d'un pipeline ou à l'ouverture d'une mine, que nous défendions un territoire ancestral ou que nous freinions la gentrification, nous construisons au quotidien des communautés urbaines et rurales de lutte qui s'éloignent des structures capitalistes et binaires.

Le capitalisme nous vend depuis plus d'un siècle l'idée du progrès infini, de l'amélioration sans fin. Il nous embobine dans un système d'exploitation et de dépendance dans plusieurs aspects de notre vie, de manière quotidienne. Cependant ses crises financières permanentes, la crise environnementale, les guerres et les paix qui mènent invariablement à l'augmentation de la violence, toujours contre les mêmes, provoquent un grandissant sentiment de s'être fait avoir. Quand le Plan Nord nous vend des emplois, le tissu social et l'environnement en écopent. Quand les États-Unis promettent un plan anti-terroriste, c'est l'armement et la militarisation des territoires qui se dévoile. Les profiteurs canadiens agissant avec une stratégie impérialiste éliminent la possibilité de vivre autrement, créant une dépendance économique face à la machine assoiffée du capitalisme. 

Même à droite l'écœurantite grogne: des travailleur.e.s dociles qui ont passé.e.s leur vie à travailler et n'auront pas la retraite attendue, pas d'argent pour que leurs enfants étudient, pas de service de santé pour profiter des vieux jours. Et pendant que les droites populistes canalisent cette grogne, la résistance contre la domination sous toutes ses formes bat son plein. Récupération de terres, construction d'autonomie territoriale, de pouvoir populaire, de coopératives, blocages de routes, de projets pétroliers ou d'infrastructures. Nous sommes nombreux.ses à passer nos vies à tisser des réseaux internationalistes anti-capitalistes.

Nous résistons aux guerres de basse ou haute intensité qui prolifèrent contre toutes les alternatives, comme c'est le cas en Syrie, aux Philippines, au Honduras, au Brésil, en Colombie et ailleurs. Des guerres qui provoquent des vagues de migration alimentant les nouveaux visages de l'esclavage moderne. Nous nous heurtons à l’État d'exception permanent qui suspend les droits des supposées démocraties pendant que la loi de l'accumulation du capital procède à la dépossession et brouille les lignes qui définissent la guerre et la paix. 

Certain.es veulent nous faire croire que le temps n'est plus à la révolte ou à la construction de projets en marge du capitalisme, mais où que nous regardions, c'est une autre conclusion qui s'impose. 

L'heure est à la mobilisation. Nous nous verrons en juin ou lors d'une assemblée de quartier, d'un camp d'action ou sur une terre où nous construirons nos maisons, nos espaces pour continuer à résister.

Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC)