Éditorial

Lors du Sommet du G8, le 8 et 9 juin, nos maîtres se rencontreront à La Malbaie pour discuter de nous sans nous et rédiger le scénario des prochaines saisons de la série Capitalisme™. À moins de refuser notre soumission à l’État et au Patronat, on nous assigne une fois de plus un rôle passif devant le faste de ce spectacle à grand déploiement.

Dans un manoir luxueux protégé par des clôtures et la police, des misogynes parleront de l’égalité des femmes ; des militaristes parleront de paix ; des capitalistes parleront d’écologie, sans aucun effort pour nous consulter. Officiellement, les discussions de ce sommet devraient traiter de 5 grands thèmes, qui sont autant de mensonges hypocrites.

1) Investir dans la croissance qui profite à tout le monde : nous savons depuis longtemps que les États subventionnent surtout les compagnies privées avec les fonds publics, alors qu’ils coupent dans les services aux personnes qui en ont le plus besoin. La vraie priorité des élites, c’est la croissance des profits des compagnies privées qui augmentent la valeur de leurs actions en licenciant massivement.

2) Se préparer aux emplois de l’avenir : l’avenir nous réserve deux types d’emplois, soit les plus spécialisés très bien payés, d’une part, et les emplois précaires et dévalorisés, de l’autre, assignés principalement à des populations subalternes et vulnérables (en migration, femmes, jeunes, etc.). De toute façon, considérant l’état de la planète, faut-il vraiment poursuivre la croissance de la production et du travail, ou au contraire s’engager enfin collectivement dans la décroissance de la production, de la consommation et du temps de travail ?

3) Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes : ce thème apparait comme une triste farce avec un homme comme Donald Trump autour de la table, qui s’est vanté d’agresser sexuellement des femmes.

4) Travailler ensemble à l’égard des changements climatiques et de l’énergie propre : croire que la planète peut être sauvée dans le cadre de la logique capitaliste est un leurre, surtout que le G7 regroupe certains des pays ayant les économies parmi les plus destructrices de l’environnement (et que Donald Trump ne croit pas au réchauffement climatique).

5) Construire un monde plus pacifique et plus sûr : sans doute le thème le plus absurde de ce sommet, puisque le G7 compte des États qui sont les principaux vendeurs d’armes au monde produites par les plus grandes firmes multinationales. Les États du G7 ne montrent aucun signe de vouloir suspendre la guerre impérialiste perpétuelle menée sous prétexte de lutter contre « le terrorisme ». Ce sont les armées du G7 qui terrorisent les populations dans des pays où elles mènent des guerres qui ont provoqué des centaines de milliers de morts.

Nos maîtres prétendent savoir ce qui est bon pour nous. Nous avons voté pour eux et nous devons le faire confiance, nous dit-on. Les riches créent la richesse, dit-on aussi, consomment et font rouler l’économie. Tout cela n’est que mensonges ! Qu'est-ce que le G7, sinon le plus grand cartel au monde ? D'ailleurs, qu'est-ce qu'une « nation », aux yeux du G7, sinon un marché ?

Nos maîtres veulent que l’on continue à travailler, consommer, s'endetter et DÉLÉGUER notre pouvoir politique et nos responsabilités collectives, une fois aux quatre ans, lors des élections « libres et démocratiques ». Ne nous laissons pas berner par leurs discours : les gouvernements et les patrons ne vivent que de notre travail et ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Le statu quo, c’est la mort. Le capitalisme produit un apartheid mondial, la guerre impérialiste et la destruction de la vie sur terre.

La peur doit changer de camp : formons nos groupes d’affinité et manifestations en juin, ensemble, contre le G7.